«J'ai récupéré tout ce que j'avais en stock et je règle mes comptes avec toutes mes références…»...
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Marie-Aimée BONNEFOY
Dans «Partir» de Catherine Corsini, Yvan Attal est un mari trompé dont...Deux millions d'euros annuels. Quatre fois par an, comme aujourd'hui à La Rochelle, la commission régionale du film se réunit pour attribuer les aides à la création audiovisuelle. Plus de 300 dossiers par an à étudier. Moins de 150 reçoivent une aide. En 2008, plus de la moitié du budget régional concernait des productions tournées ou créées en Charente et auxquelles le Département avait rajouté 2,3 millions d'euros dont près de la moitié pour l'animation. En 2009 et 2010, le budget départemental a baissé de 50%, «mais si besoin, on peut en rajouter», certifie Bernard Rigaud, le directeur général des services.
L'avis des experts
Chaque projet est examiné par un collège d'experts. Il y a quatre commissions au total (animation, documentaires, courts métrages et longs métrages, séries TV). Elles ont vu le jour à la demande du CNC (Centre national de la cinématographie). «Ces experts sont des professionnels de l'audiovisuel, indique Didier Simonet, directeur général adjoint des services de la Région. Ils donnent un avis artistique.» Avis qui permet ensuite aux élus d'attribuer ou non des subventions. Quand tout va bien, les experts disent oui. Les subventions sont votées. Quand la Région met 1 euro, la Charente en met 2. Et le CNC participe aussi: quand Région et Département réunis donnent 2 euros, le CNC en donne 1. Il arrive que l'avis des experts ne soit pas respecté. Ils avaient dit non à «Victoire Bonnot» et «SOS 18». Jugés artistiquement inintéressants. Pourtant, les deux ont reçu des aides. «Les élus peuvent décider de subventionner quand même, pour des raisons économiques», justifie Didier Simonet. «Quand on verse 1 euro de subvention, il y en a 6 ou 7 directement réinjectés dans l'économie locale», complète Bernard Rigaud. Ces séries sont un «poumon» pour les intermittents locaux. Si les élus subventionnent contre l'avis des experts, le CNC ne donne rien. Malgré ces commissions, certaines productions déclenchent des miniscandales. Dernier en date, le projet de Patrice Lecomte. Le réalisateur envisage de tourner à Angoulême l'adaptation, en animation, du «Petit magasin des suicides» de Jean Teulet. Les experts ont dit un oui franc et massif. Les élus ont voté 300.000 euros d'aides. Sauf que Patrice Lecomte n'a pas de distributeur. Son dossier n'aurait donc pas dû être recevable.
«C'est exact, confirme Didier Simonet. Mais personne ne doute qu'il va trouver un distributeur.» Tant qu'il n'en a pas, il ne touchera rien. Les autres productions se plaignent que cet argent soit bloqué. «Si Lecomte n'a toujours pas de distributeur avant la fin de l'année, cet argent sera débloqué pour soutenir d'autres projets. En fin d'année, on rappelle les projets qu'on n'a pas pu aider, rassure le fonctionnaire régional. On examine les comptes de chaque production à la fin du tournage.» Si les engagements en terme de dépenses régionales ne sont pas tenus, la subvention est revue à la baisse. Recalculée au prorata. Le Département a ainsi récupéré plus de 500.000 euros depuis 2002.